Interview

Community Manager d’Oasis

Agence 1948
Written by Agence 1948

Raphael Catherin, le Community Manager de la marque Oasis, nous a accordé une interview exclusive nous délivrant ses secrets, astuces et conseils, je te laisse te délecter de cet article…

Bonjour Raphael! 

Présente-nous ton parcours, comment es-tu arrivé au métier de Community Manager ?

J’ai commencé mon parcours professionnel en faisant du webmarketing dans une start-up il y a plus de trois ans. Il n’y avait pas encore de Community Manager implanté et j’ai donc pris l’initiative de m’en occuper. Vu qu’il n’y avait pas encore de formation dédiée j’ai beaucoup appris sur le métier seul, en lisant des blogs spécialisés. En parallèle à cette première expérience, j’étais à l’ECS Paris, une école de communication, où j’ai eu une formation d’abord généraliste puis plus digitale.

Après cette première expérience j’ai décidé de poursuivre en tant que community manager et j’ai eu l’occasion d’intégrer l’agence Buzzman, notamment pour un compte dans le domaine de la téléphonie. C’est au cours de cette expérience que j’ai beaucoup appris d’autres community managers plus expérimentés. Et depuis un an et demi je travaille en sein de l’agence Marcel, en tant que community manager pour la marque Oasis.

Qu’est-ce qui t’a plu / te plait dans le fait d’être Community Manager ?

La première chose qui me plait dans le fait d’être Community Manager, c’est que ce soit un métier très jeune. Par conséquent il est possible d’atteindre un certain niveau d’expertise assez rapidement. C’est aussi un métier où la place est laissée aux jeunes ce qui est assez rare de nos jours.

La deuxième raison pour laquelle le métier de Community Manager me plait est que nous répondons à un besoin de la communication moderne. Nous sommes le maillon manquant entre les marques et les consommateurs ; nous sommes des ambassadeurs de la marque et en même temps nous représentons la voix de la communauté.

Quel est ton fruit préféré ?

Je ne me suis jamais trop posé la question, on a évidemment Ramon, le macho de la bande, qui est le plus connu et probablement le plus attachant surtout suite à la sortie de la série. Sinon on a le nouveau, Chris Passion, il a un côté James Dean avec une crête et une veste en cuir, esthétiquement il est vraiment très réussi.

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Sur quel réseau social tu préfères « trainer » ?

J’aime beaucoup Instagram. C’est un réseau facile d’accès, avec du contenu facilement consommable. En plus, le contenu qu’on y trouve est assez plaisant.

 Qu’est ce que tu ressens lorsque tu vois le « fruit » de ton travail ?

Oasis est une marque référente sur les réseaux sociaux et forcément on en tire une certaine fierté.

Mais il faut savoir se remettre en question en permanence pour avancer car sur le web on peut passer de l’ombre à la lumière et inversement très rapidement. Il faut en permanence innover afin d’être différenciant et ainsi émerger.

Alors oui quand on s’arrête pour regarder l’ensemble on est satisfait mais il ne faut surtout pas se reposer sur ses lauriers.

Est-ce-qu’il t’arrive hors du travail de parler en Fruitstyle ?

J’essaye d’éviter ! ça peut faire rire de temps en temps mais je n’en abuse pas. Je consacre beaucoup de mon temps à parler fruité alors pendant mes moments je parle normalement.

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En tant que Community Manager d’Oasis :

Comment s’organise l’équipe pour faire la communication d’Oasis sur les réseaux sociaux ?

Il y a beaucoup de personnes qui travaillent sur la présence d’Oasis sur les réseaux sociaux aussi bien côté agence que côté annonceur. On met souvent en avant le community manager mais il y a du monde derrière.

L’idée est que tout le monde puisse participer pour trouver une émulsion intellectuelle. L’important est d’anticiper et d’identifier le plus possible les événements sur lesquels nous pouvons rebondir. Mais nous traitons aussi des événements imprévus dans des délais très courts et c’est là qu’il faut une réactivité maximale de toutes les équipes.

Ensuite on s’organise comme toutes les autres marques, avec des planning d’interaction, on prévoit les évènements à venir, on réfléchit à comment rebondir dessus, et surtout à comment sortir du lot, à se démarquer de la concurrence.

Qui pense aux jeux de mots, qui crée les visuels, les vidéos ?

Les jeux de mots ont été créés au fil des années par les créatifs, les community manager et plus largement par tous ceux qui ont travaillé sur la marque. On commence à connaître les principaux même si il y en a des nouveaux qui peuvent émerger en fonction des personnages qui font l’actualité ou des expressions populaires du moment.

Pour les visuels on a chez Marcel un directeur artistique social, ce qui est une particularité de l’agence. C’est lui qui s’occupe de faire quasiment tous les visuels d’Oasis pour les réseaux sociaux.

Pour les vidéos, notamment pour « l’Effet Papayon » on a travaillé avec des studios spécialisés dans l’animation 3D, c’est la raison pour laquelle on a des résultats d’aussi bonne qualité.

Comment avez-vous pensé à faire une web-série ?

Depuis 2012, la marque repose sur le BeFruit un état d’esprit qui se moque des conventions, qui s’approprie l’actualité, et rend le monde réel plus léger.

On souhaitait cette année produire un contenu propriétaire et aussi renforcer la personnalité des fruits. La série était la meilleure solution car pour installer des personnages il faut que ça s’étale dans le temps. De plus les fans réclamaient depuis longtemps un contenu vidéo long auquel on a parfaitement répondu avec l’Effet Papayon.

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Quels sont les résultats d’un point de vue business (les ventes,…) depuis que vous gérez la marque sur les réseaux sociaux ?

Pour Oasis la question ne se pose même pas de la pertinence des réseaux sociaux en termes de business. Avec une telle exposition tout au long de l’année que ce soit sur le social media qu’en eRP, la marque ne peut qu’en être renforcée.

Par ailleurs, des études sont faites et de mémoire plus de 80% des fans ont consommé de l’Oasis dans les six derniers mois.

Nos lecteurs ont envie de connaître ton Topito du Community Manager :

Top 4 des outils indispensables à ton métier

– Tweetdeck : c’est la base, un outil très commun mais qui permet de suivre tout ce qui se passe et être très réactif.

– Socialbakers : cet outil permet d’établir des statistiques très précises sur les principaux réseaux sociaux. On peut évaluer la croissance de la marque, les meilleurs contenus postés et observer la concurrence.

– Visibrain : un outil très précis en termes de remontées de mentions ou de hashtag sur Twitter. Par ailleurs, c’est très efficace pour détecter une crise et y répondre rapidement.

– Statigram : cet outil relié à Instagram permet d’analyser tous les contenus qui remontent sur certains hashtags ce qui est important pour voir les photos que les gens postent sur une marque.

Top 3 de tes réseaux sociaux avec lesquels tu préfères travailler

J’aime beaucoup Twitter d’un point de vue personnel et professionnel. Ce qui me plaît est la proximité avec la communauté, l’échange se fait très simplement et très directement, il n’y a pas de barrière. Les gens et les personnalités y sont toujours accessibles.

En deux je placerais Instagram, car il permet de moins mettre en avant les personnages déjà bien présents sur les autres réseaux sociaux, et de privilégier le côté plus lifestyle de la marque en mettant en avant les produits dans des instants de consommation, les t-shirts de la marque… En plus l’engagement est très élevé sur cette plateforme.

Enfin même si Facebook ressemble de plus en plus à une grosse machine peu flexible, l’audience y est telle qu’on ne peut pas passer à côté. Historiquement la marque a réalisé de belles choses très novatrices sur Facebook.

Top 2 : quelles sont les deux campagnes publicitaires sur lesquelles tu as préféré travailler ?

L’Effet Papayon est une campagne assez importante du point de vue de la marque et par rapport aux différentes expériences que j’ai pu avoir auparavant. Lorsqu’on regarde tous les contenus additionnels qu’on a pu développer autour de la série : Youpomm, Happeach Hour, des petits jeux vidéos… on ne peut qu’être satisfaits du travail réalisé !

Par ailleurs dans le passé j’ai fait un peu de new business ce qui fut assez excitant surtout quand on gagne à la fin.

Top 1 : Quelle est la meilleure journée que tu aies passée en tant que Community Manager pour Oasis ?

C’est assez dur car aucune journée ne se ressemble vraiment.

Mais les journées les plus plaisantes sont celles de sorties de projet, la sortie des épisodes de la série, ou alors la sortie de Flappy bird…

On sent qu’il se passe quelque chose de fort quand on décroche de belles retombées, parfois à l’international.

 En tant qu’expert en Marketing Digital, peux-tu nous dire :

Quelle est la journée type du Community Manager d’Oasis ?

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Aucune journée ne se ressemble vraiment puisque lorsqu’on est CM une urgence peut tomber et chambouler le planning de la journée.

Mais globalement une journée type commence par la modération de ce qui s’est dit pendant la nuit et qui nécessite un traitement rapide. Ensuite de la veille sur des sujets clés : publicité et social media. Puis veille concurrentielle, très importante également.

Ensuite on rentre dans les activités normales de CM : rédaction des plannings, poster les contenus, réalisations des bilans et un des volets les plus enrichissants : les recommandations stratégiques et créatives.

Quels sont les principaux objectifs d’Oasis sur les médias sociaux ?

Au quotidien, la mission d’Oasis est de reprendre l’esprit « Be Fruit » au public le plus large possible. Il s’agit d’apporter de la bonne humeur à ceux qui suivent la marque.

Si on prend l’objectif plus large, Oasis est la première marque sur les réseaux sociaux en France avec une des principales pages Facebook, la première chaîne Youtube depuis la sortie de l’Effet Papayon, et un compte Twitter très actif et influent. La puissance de cet écosystème permet d’apporter beaucoup de visibilité et d‘engagement à chacune des actualités de la marque. Par ailleurs, cet écosystème génère beaucoup de retombées eRP ce qui est important pour rendre une marque crédible.

Avez-vous créé ou repris tout le concept avec les fruits ?

La bande des fruits parlant tout en jeux de mots existait avant l’avènement des réseaux sociaux. Mais c’est sur les réseaux sociaux qu’ils se sont épanouis car en étant présents toute l’année dans une multitude de mini-contenus ils ont gagné en personnalité et se sont inscrits dans le quotidien des gens. Je pense que cette étape fut très importante car pour s’attacher à des personnages fictifs il faut qu’ils soient ancrés dans une réalité. 

Quelles sont les difficultés de ce métier ?

Une des principales difficultés selon moi est qu’il faut être sur le pied de guerre quasiment en permanence. Beaucoup de community managers font du SAV et il est normal qu’ils répondent le week-end aux internautes mécontents. En cas de crise, les community managers sont souvent les premiers exposés. Il faut donc être préparé et réactif. C’est aussi ce qui fait la force de notre métier.

Maintenant que l’on te connaît un peu plus, peut être que tu peux conseiller nos lecteurs :

Quelles sont tes astuces pour se promouvoir et gagner en visibilité sur le web ?

Le web est un espace très démocratique où n’importe qui peut gagner en visibilité rapidement. Globalement je pense qu’il faut être expert dans un domaine et partager cette expertise via Twitter ou un blog par exemple. Et surtout très important : interagir avec des personnalités du web pour donner son opinion.

De manière générale, si tu devais donner 3 conseils ou bonnes pratiques pour les Community Managers, quels seraient-ils ?

Mon premier conseil est d’être hyper curieux et ouvert et donc d’aller voir ce qui se passe dans tous les secteurs de la communication. Par exemple avec l’émergence des objets connectés il y aura de plus en plus de choses à faire, notamment en points de vente et dans l’événementiel. Il faut donc suivre ce qui se passe en termes d’innovations technologiques et de communication.

Mon deuxième conseil est d’être soi-même présent sur les réseaux sociaux afin de gagner en visibilité sur ces différentes plateformes.

Mon troisième conseil est d’avoir le plus d’empathie possible avec les gens, c’est un métier où l’on est proche d’une ou plusieurs communautés, et même si on travaille dans le digital, on doit comprendre leurs attentes pour bien y répondre.

Es-tu déjà allé à la rencontre des fans d’Oasis ?

Oui j’en ai déjà rencontré lors d’événements organisés par la marque. Après dans l’imaginaire c’est un fruit qui parle sur Twitter, qui fait des blagues en permanence alors que dans la vraie vie il n’existe finalement pas.

De l’extérieur les fans ne perçoivent peut-être pas mon activité comme un vrai travail mais ça reste assez sérieux. J’aime bien dire qu’il faut faire les choses sans se prendre au sérieux mais qu’il faut les faire sérieusement.

Pour les nouveaux qui arrivent à faire ce métier, y a t’il une astuce pour « lâcher prise » et faire confiance à son imagination ?

Je ne pense pas que la créativité soit innée. Comme tout, il s’agit de travailler, de s’entraîner pour y parvenir. Ce n’est pas en se concentrant en se disant qu’il faut trouver une idée que ça va fonctionner. Pour moi la veille est une condition fondamentale à la créativité. Après chacun a son astuce, écouter de la musique, dessiner, se promener.

Merci Raphael de nous avoir accordé une Fruiterview !

Nous sommes heureux de pouvoir te compter dans notre communauté des happy Community managers.

Socialement vôtre,

Anouck

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